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La nouvelle christianophobie planétaire

Dimanche, un message adressé par les 5 archevêques d’Irak a été lu dans toutes les églises de France, suite au massacre d’une soixantaine de Chrétiens d’Irak tués lors de la Toussaint dans une cathédrale syriaque-catholique de Bagdad.

Dans leur message, les archevêques irakiens ont imploré la compassion de leurs «frères de France», rappelant que leur « calvaire est lourd et long ». Depuis Rome, Benoît XVI s'est dit «profondément touché» par les «attaques barbares», condamnant «cette violence absurde, qui a touché des personnes sans défense ». Depuis 2003 et la chute du régime de Saddam Hussein, qui protégeait les chrétiens, des dizaines d’églises et couvents ont été détruits. La vie quotidienne des chrétiens d’Irak est devenue un enfer : assassinats de religieux ou laïcs, tortures, rançons, vols, enlèvements de femmes, conversions forcées, etc . But : éliminer toute présence chrétienne. Les chrétiens d’Irak ne sont pas les seuls menacés : dans un communiqué récent, l'Etat islamique d’Irak (ISI) désigne tous les chrétiens d’Orient, notamment les coptes d’Egypte, comme des "cibles légitimes" : "Nous ouvrirons sur eux les portes de la destruction et des rivières de sang". Depuis des années, on assiste à une nouvelle Solution finale des chrétientés. « Après samedi (les Juifs) vient dimanche » (les Chrétiens) avertissent les terroristes islamistes. Cette « Solution finale » des chrétiens d’Irak, d’Egypte, du Pakistan, ou d’ailleurs est la seconde phase d’un processus de purification ethno-religieuse initié avec l’exil des Juifs de nombreux pays arabo-musulmans depuis les années 1950. Elle va de pair avec les massacres de musulmans soufis, chiites, des démocrates et des minorités, bouc-émissaires favoris des idéologies totalitaires. Depuis 2003, les chrétiens d’Irak sont passés de 1,25 million en 2003 à 870 000 ; ceux de Palestine de 20 % en 1950 à 2 % ; ceux de Turquie (hors empire ottoman) de 5% en 1914 à 0,12% aujourd’hui, etc… L’éradication des chrétiens non-occidentaux, inaugurée avec le génocide arménien (1915), poursuivie sous la guerre froide par les pays communistes et dans les années 1980 avec l’élimination de 2 millions de chrétiens-animistes du Soudan, sans oublier les centaines de milliers de chrétiens d’Indonésie, semble hélas n’être qu’à ses débuts, car elle est portée par la haine croissante envers l’Occident « chrétien ». C’est au nom de cette haine qu’en Algérie, les chrétiens, souvent kabyles, sont mis en prison, qu’en Turquie, religieux catholiques et pasteurs protestants sont assassinés. L’élimination et la persécution des chrétiens d’Orient ou d’Afrique se poursuit dans l’indifférence générale de cette Europe qui semble avoir honte de son passé judéo-chrétien et se sent coupable. Celle-ci choisit donc souvent de se taire et de ne pas accabler les Etats du tiers-monde qui tuent ou maltraitent les Chrétiens, afin d’éviter le « choc des civilisations ». La persécution des chrétiens sévit aussi dans les pays totalitaires comme la Chine, la Corée du Nord, la Birmanie. Elle touche même l’Europe, où les profanations de tombes et d’églises chrétiennes sont courantes. Gageons que la mesure prise par Eric Besson pour accueillir 150 réfugiés supplémentaires chrétiens d’Irak amorce le début d’une prise de conscience de cette nouvelle christianophobie que l’on devrait condamner au même titre que l’islamophobie et la judéophobie.

Alexandre del Valle est géopolitologue, auteur de nombreux articles et ouvrages dont "Le Totalitarisme Islamiste" et "Le Dilemme Turc" parus aux éditions des Syrtes.

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